Le Japon gratuit

Autostop au Japon, bons plans et hôtels pas chers (Kyôto, Tôkyô…) ainsi que les spots de camping, sauvage ou non.

Témoignage : Jean-Baptiste, en autostop jusqu’à Yakushima

JB est l’auteur d’un blog passionnant sur le Japon. Parti en 2009 sur la route de Yakushima, il dévoile à Japon Gratuit (ou presque) les coulisses de son aventure.

Bon, alors, pourquoi ce voyage ?

Je suis parti le 3 mars 2009, le dernier mois de mes études au Japon, avec l’envie de faire une nouvelle expérience de voyage, différente des précédentes. Et surtout, de rencontrer des gens de toutes préfectures et classes sociales confondues, pour remettre en cause ma vision des Japonais que j’ai construite a Kyôto, ville traditionnelle mais pas forcément représentative.

J’avais déjà parcouru le pays de haut en bas en vélo et en train, mais n’étais pas passé sur l’île de Yakushima, au sud de Kyûshû. Son coté mystérieux, la randonnée et les onsen m’ont convaincu d’en faire une destination.

Tu es passé par où ?

Comme « l’avion c’est tricher » (et pas donné, pour un étudiant) et pour changer mes habitudes (vélo, train, camping), j’ai esquissé un parcours de 2 semaines joignant les onsen de Beppu/Yufuin, le centre boisé de Kyuushuu, Kumamoto/Sakurajima, Tanegashima (qui est la base de lancement des fusées japonaises, visitable), évidemment Yakushima, puis des amis a Kumamoto et Nagasaki.

C’était ta première fois en stop ?

C’était ma première fois pour un voyage tout en stop. Très réussi, avec 2000+ km parcourus en 32 véhicules.

Tu parles japonais ?

Ayant passé presque 3 ans dans le pays, je n’avais pas de difficultés pour la langue. Cela m’a été très utile lorsque j’estimais mes chances de trouver une voiture en mode « passif » trop faible, j’allais à la rencontre des chauffeurs dans les SA pour me présenter.

Quel était ton budget, tes dépenses journalières ?

Mon budget est en général minimal pour prolonger le voyage ! Dans une journée, je comptais environ 500 yen par repas (bentô de konbini, nikuman), 500 yen pour un onsen, plus 500-1000 yen pour une éventuelle attraction (musée, parc, temple, trajet en train / bateau). Ce qui fait 3000 yen par jour maximum.

As-tu fait du camping sauvage ? Quels sont tes bons plans ?

Le Japon étant très sûr et les infrastructures publiques en général très bien maintenues, il est très facile de camper un peu partout. J’appliquais la règle « faire son campement après le coucher du soleil, partir avant les premiers marcheurs » pour éviter une éventuelle mésaventure si j’étais près d’habitations.

Un bon point du Japon montagneux est qu’il y a toujours une colline dans les parages, qui offre souvent : une certaine intimité, une vision dégagée du ciel étoilé, une cabane ou structure en bois (refuge en cas de pluie), des toilettes, et un point de vue pour faire son taiso (gymnastique) du matin.

Parfois, après une longue journée qui se finit par un onsen (j’en suis fan), j’ai juste assez d’énergie pour trouver un endroit isolé dans les environs. Mais je dors toujours bien après un onsen. La perfection reste : les rotenburo (bains en plein air) sauvages de Hokkaido, dans lesquels on peut faire un saut au matin !

J’ai été aussi accueilli de nombreuses fois chez l’habitant après une conversation plus ou moins courte. Ca a toujours été une expérience unique.

Utilisais-tu un panneau pour indiquer ta destination ?

J’avais toujours un panneau avec ma destination, ou grande ville intermédiaire, écrite en kanji (gain de place et lecture plus rapide!).

Où te plaçais-tu pour le stop ? Attendais-tu longtemps ?

Pour trouver un bon spot, le bon sens s’applique, en sortie de ville, à un konbini ou un parking, avec le sourire et en « forçant » la chance…

Prendre l’autoroute est indispensable pour les longues distances. J’ai parcouru ainsi 780 km en une journée. Pour cela, il est quasiment impératif de rejoindre une aire de repos, les SA. Les échangeurs et les PA sont à éviter si possible. Avec mon panneau, j’essayais de rester visible aussi des chauffeurs stationnés. J’attendais au minimum 30 minutes.

L’autostop au Japon n’est pas dans les mœurs, j’étais plus observé qu’approché. On m’a signalé aussi plusieurs fois, qu’un étranger en
stop, c’est pas fréquent, mais ça apparait toujours moins dangereux, moins risqué, plus « collant aux préjugés » qu’un Japonais en stop, qui lui est beaucoup plus « suspect ».

Si l’attente ne portait pas ses fruits, j’allais à la rencontre des gens sur les parkings, guidé par les plaques d’immatriculation, pour me présenter et expliquer rapidement mon but. Évidemment, il faut de la patience et enchaîner les excuses polies (en présenter et en recevoir autant), mais je pense que c’est parfois nécessaire pour ne pas dormir sur l’autoroute.

Des rencontres marquantes ?

Au-delà de l’inconnu, le coté captivant du voyage est la diversité des rencontres. J’ai pu discuter avec :

  • Un commercial pour les cafés Boss, et goûter en avance à un nouveau produit (qui reste du café en cannette),
  • Un consultant en ingénierie navale,
  • Des étudiants,
  • Un membre des forces d’autodéfense (JSDF),
  • Des fermiers,
  • Des familles,
  • Un chauffeur de poids-lourd,
  • Des commerciaux pour de l’alcool, du matériel médical…
  • Plus particulièrement, un co-gérant d’un ryokan à Beppu, dont l’activité était faible, après m’avoir accompagné à un premier onsen, a décidé de me faire la visite toute la journée. On est allé dans des bains bien cachés par les locaux que je n’aurais pas pu trouver tout seul, fait du tourisme, des blagues, pour finir avec dîner typique, arrosé et une nuit offerte au ryokan.

As-tu eu des mésaventures, ou au contraire des bonnes surprises mémorables?

Je répondrais « oui » pour des frayeurs, mais aucune mésaventure. J’ai eu la chance de toujours arriver où je voulais, souvent au
dernier moment, avec la « dernière » voiture, ou la dernière chance au coucher du soleil. J’ai été invité aussi plusieurs fois, ce qui est
toujours une bonne surprise.

Ton « endroit secret » à conseiller aux routards?

Les parcours touristiques du Japon sont très bien organisés. Mais aussi uniformisés, et limitant l’expérience du pays à un sous-ensemble réduit. En contrepartie, se décaler légèrement des sentiers battus et rencontrer des locaux donne rapidement accès à des « endroits secrets »!

Raconte-nous la première personne qui s’est arrêtée pour toi.

La première personne s’est arrêtée pour me donner une pièce de 500 yen, en me disant « Quand j’étais jeune je faisais aussi du stop. Je ne peux pas te prendre maintenant, mais voilà au moins quelque chose ».

J’ai trouvé qu’en général les chauffeurs ont une certaine méfiance des autostoppeurs, mais juste par ignorance et par les histoires morbides des médias.

Avec plus de voyageurs pour populariser la pratique dans l’échange de respect et d’expérience, ça ne pourra être que bénéfique pour les deux parties.

Crédit photos :  JB. Voir son blog.

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Une réflexion sur “Témoignage : Jean-Baptiste, en autostop jusqu’à Yakushima

  1. Sympa comme site web, je viens de tomber dessus par hasard et je compte bien suivre tes aventures. Voyons où cela nous mène. Je suis actuellement moi même au Japon, dans un autre cadre que le tien. Je viens de refaire mon blog: http://www.gaijinjapan.org Au plaisir de te lire

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