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Bains publics, onsen, comment ça marche?

Les bains publics japonais sont une bénédiction pour les voyageurs. C’est l’endroit où on peut poser son sac (s’il n’est pas trop gros) et se prélasser pendant un temps infini, tout en se demandant si sa prochaine activité sera de tester le sauna ou se raser. Comble de la béatitude, dans un pays où les thermes ont été élevés au rang de culture nationale, on trouve des bains dans quasiment toutes les villes importantes. Et vous savez quoi? Ils ne sont pas chers.

Différence entre sentô et onsen

On distingue deux types de bains publics : les sentô et les onsen. Ils se ressemblent, à la différence que les onsen sont des sources chaudes naturelles. Ils sont donc plus chers, tandis que les sentô, très fonctionnels, coûtent environ 400¥.

Certains onsen sont situés en pleine nature et sont par conséquent gratuits. Ce sont des endroits dont l’emplacement est jalousement gardé, même si Le guide de l’autostop au Japon en dévoile quelques uns, ainsi que la manière de les localiser. Quant à ce site en anglais, il recense de nombreux onsen gratuits classés par régions.

Le principe est simple : imaginez une sorte de gigantesque salle de bain de luxe où les baignoires seraient autant de piscines (Gwenn préfère parler de Temples de la Propreté). Les japonais viennent s’y baigner entre amis, tous entièrement nus, dans une eau tellement chaude que le gaijin de base aura toutes les peines du monde à y rentrer le gros orteil. Hommes et femmes se baignent dans deux pièces différentes, même s’il reste encore quelques onsen mixtes.

Chaque établissement propose différents types de bains : eau chaude classique, piscine glacée, bain aux herbes, bain en extérieur… Le type de bain est indiqué par un panneau… en japonais.

N’hésitez pas à demander conseil à vos voisins. Sous peine de vous retrouver par erreur dans le « denkiburo » (電気風呂), ou « bain électrique », très prisé des nippons et qui délivre une faible décharge à intervalles réguliers.

Vous pouvez aussi consulter le guide qui propose un lexique franco-japonais des bains publics.

Les bains sont un endroit incontournable pour l’autostoppeur. Déjà, car ils lui permettent de se décrasser (et parfois même d’utiliser une machine à laver). Ensuite car un occidental ne passe jamais inaperçu dans les bains. Il est très facile d’y lier conversation et, rapidement, vous trouverez un groupe de japonais avec qui discuter. Parmi eux s’en trouvera forcément un qui acceptera de vous prendre en stop jusqu’à votre prochaine destination!

Les bonnes manières

Pas question de débouler dans le onsen et de plonger en faisant la bombe! Si vous ne voulez pas avoir l’air d’un barbare, voici quelques règles à respecter.

1) Enlevez vos chaussures en entrant. Puis dirigez-vous vers le guichet pour payer. La plupart des maison de bains vendent des serviettes, si vous n’avez pas la vôtre.

2) Dirigez-vous vers votre vestiaire : 男 « otoko » pour les hommes, 女 « onna » pour les femme. Déshabillez-vous entièrement (vous pouvez utiliser la serviette comme cache-sexe).

3) Attention : si tout le monde se baigne ensemble, c’est à la condition d’être propre comme un sou neuf! N’entrez jamais dans un bain sans vous être soigneusement lavé à l’aide des douchettes accrochées au mur.

4) Séchez-vous après vous être douché : il n’est pas permis d’entrer dans un bain en étant sale ou avec des traces de savon sur le corps.

Voilà… ce n’est pas si compliqué, pas vrai? Pour le reste (ne pas faire de bruit, ne pas courir…) c’est une question de politesse. En cas de doute, regardez comment font les japonais. Cette petite BD, dessinée spécialement pour Le guide de l’autostop au Japon (finalement non incluse) illustre avec humour l’étiquette du onsen.

Bonus : mes 4 grands souvenirs d’onsen

1) Ôsaka. J’ai 17 ans et j’entre pour la première fois dans un onsen. On imagine comme ça peut être gênant pour un ado timide de se retrouver à walpé au milieu de dizaines de gens! Depuis, j’adore faire découvrir les bains à mes potes gaijin et savourer leur expression désorientée.

2) Unzen (Kyûshû). Petit bain du soir. Soudain, une forme indistincte émerge des brumes soufrées : c’est un vieux monsieur bedonnant, visiblement bourré à la Kirin. « Vous… z’êtes Français? France! Sarkozy! Sarkozy va leur mettre la pâtée, aux Chinois, vous allez voir! » Puis le papy s’éloigne dans les ruelles en lâchant un dernier « Sarkozy number one! » Flippant.

3) Fuji Hakone (Honshû). Bain brûlant en extérieur alors que le typhon s’approche. La pluie tombe à grosses gouttes sur l’eau fumante… le pied.

4) Beppu (Kyûshû). Gwenn et moi crapahutons deux heures dans la montagne pour finalement trouver LA perle rare : un onsen caché, creusé au milieu de la forêt. Presto, on se désape, plonge et on patauge façon retour à la nature… quand, soudain, un groupe de touristes débarque en minivan. (Et, bien sûr, contrairement à nous, ils étaient tous en maillot de bain.)

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Le célèbre « onsen radioactif » de Misasa

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