Le Japon gratuit

Autostop au Japon, bons plans et hôtels pas chers (Kyôto, Tôkyô…) ainsi que les spots de camping, sauvage ou non.

Archives de la catégorie “Sécurité”

Deux mois après, le nouveau visage du Tôhoku

La situation à Fukushima est toujours instable, alors que nord-est du Japon commence à se relever de la catastrophe.

« Du bricolage ». C’est ainsi que Roland Desbordes, président de la Criirad, qualifie le dispositif mis en place par Tepco à Fukushima. Contacté par Le Japon Gratuit, il évoque ses doutes face à la tentative de refroidir les réacteurs à l’aide de camions-citernes et de systèmes provisoires, très précaires et générant de grandes quantités d’eau radioactive. (AFP)

L’opérateur espère mettre en place un nouveau système de refroidissement d’ici trois semaines à un mois, selon les médias locaux cités par l’AFP. Objectif : stabiliser la situation sur le site d’ici à janvier 2012.

Les touristes n’attendront pas

De quoi embarrasser le gouvernement japonais, qui souhaite relancer le tourisme dans la région le plus vite possible. Le premier ministre Naoto Kan projette ainsi que de rendre la Tôhoku expressway gratuite. Bien connue des autostoppeurs, celle-ci relie Aomori à Tôkyô, du nord au sud. Rouverte peu après le séisme, elle passe à 30 km de la zone d’exclusion de Fukushima et à 50 km de la centrale.

Pour Roland Desbordes, il n’y a pas de danger à circuler sur cette route, mais faire du tourisme dans le Tôhoku reste prématuré. Qui sait si les réacteurs, en situation toujours instable, ne vont pas connaître un nouveau problème ? « En cas de pépin, estime-t-il, la zone de danger serait de 20 à 150 km autour de la centrale. »

De son côté, le ministère des affaires étrangères français est catégorique : la région du Tôhoku est formellement déconseillée, plus précisément les préfectures de Miyagi, Ibaraki, Tochigi et Fukushima, touchées par la pollution radioactive. Soit une zone qui s’étend des limites de Tôkyô jusqu’à Sendai.

Et sinon, qu’est-ce qu’on mange?

Côté nourriture, un risque plane sur les denrées alimentaires provenant de la zone touchée par les retombées radioactives. Notamment les poissons, algues et crustacés qui ont subi les rejets d’eau contaminée dans l’océan. Certes, la pêche est interdite au large de Fukushima, mais les poissons se rient des frontières (un peu comme les nuages radioactifs). Portés par les courants qui longent la côte vers le sud, rien ne dit que vous ne les retrouverez pas dans votre assiette de sushi à Tôkyô.

En ce qui concerne les produits de la terre, même si « les Japonais ont renforcé leurs normes », il restent « avares de chiffres », déplore Roland Desbordes.

La Criirad devait se rendre au Japon « fin mai, début juin » pour pallier le manque de relevés indépendants dans la région de Fukushima. D’autres ONG comme Greenpeace tentent de faire de même mais se heurtent à l’interdiction de pénétrer dans la zone d’exclusion de 20 km.

Et nous, autostoppeurs, on fait quoi?

D’ici là, nous ne pouvons que conseiller aux backpackeurs qui seraient tentés par une virée nipponne de délaisser la mythique Tôhoku expressway et de lui préférer les petites routes de l’ouest de Honshû. L’occasion de découvrir la péninsule d’Oga. Ou, mieux, de filer vers le sud pour se réfugier peinard au Kansai.

Au moins, vous aurez une chance de ne pas y pêcher un poisson à trois yeux.

Contrôlez en direct le taux de radioactivité au Japon

EDIT : Sur Targetmap, une carte interactive des taux de radioactivité sur l’ensemble du Japon.

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Vous pouvez également contrôler en direct et par webcam le taux de radioactivité à Tôkyô en cliquant sur les liens suivants.

Tôkyô Geiger counter

Tôkyô Geiger counter (lien miroir)

Tôkyô Geiger counter (miroire 2, mis à jour toutes les 10 mn

Chiba (est de Tôkyô)

L’unité CPM signifie « Geiger counts per minute ». 100 CPM font environ 1 microsievert par heure. Le niveau normal est d’environ 0,035/0,036 microsieverts.

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Revue de presse de la matinée :

Accident nucléaire : « s’abriter » ou « se calfeutrer »?

« Alors que les taux de radioactivité autour de la centrale de Fukuchima-Daiichi atteignent des niveaux alarmants, le gouvernement japonais a demandé aux personnes vivant dans un rayon de 30km de celle-ci de rester calfeutrées chez elles. Une consigne similaire a été passée aux Français de Tokyo par l’ambassadeur Philippe Faure. Mais se calfeutrer, c’est quoi au juste? » (…)

Lire la suite sur Slate.fr

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Nucléaire : les questions que vous n’osez pas trop poser

« « La radioactivité se dissipe-t-elle un jour ? » ; « Pourquoi dit-on nucléaire et pas atomique ? »… Nous avons décidé de réunir ici toutes les questions que vous vous posez sur la catastrophe nucléaire au Japon : celles qui reviennent le plus souvent, mais aussi les questions plus insolites ou naïves en apparence, que de nombreux riverains nous ont aussi posées. » (…)

Lire la suite sur Rue89.com

Séisme, tsunami : manuel de survie 2.0

Le Japon vient de subir la pire catastrophe auquel il a été confronté depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : un tremblement de terre et ses répliques, suivis par un tsunami déclenchant un accident nucléaire. Inutile de vous dire qu’ici, nous sommes sous le choc et que toutes nos pensées vont vers les victimes de ce cataclysme, ainsi que vers ceux qui tentent de maîtriser la situation.

Sachant que le Japon subit chaque année 20% des séismes les plus violents de la planète, voici les bases à connaître avant de partir.

Cet article a été réalisé à partir des conseils de Tokyoprevention.com.

Règles de sécurité pour voyageurs

A L’AUBERGE DE JEUNESSE

Ne vous précipitez pas dehors. Restez calme et suivez les instructions du personnel.

– Éloignez-vous des fenêtres ; des murs extérieurs ; de tout meuble, tableau, miroir, étagère, lampe… susceptible de tomber ou de se renverser.
Abritez-vous sous une table solide ou tout meuble résistant, ou restez debout sous un encadrement de porte.
– N’utilisez pas l’ascenseur.
Protégez votre tête avec tout ce que vous avez à portée de main.
Ne fumez pas et n’allumez pas de flamme.
Rejoignez le lieu de regroupement
le plus proche indiqué par les autorités locales (en général un parc ou une école).

Communiquez votre nom et adresse à votre ambassade, ainsi que le numéro des personnes à prévenir. Précisez le lieu où vous vous trouvez, ainsi que la date et l’heure. Si d’autres étrangers sont avec vous, faites une liste commune.

EN AUTOSTOP

– En cas de séisme, n’utilisez pas de véhicule.
– Si vous êtes déjà dans une voiture, demandez au conducteur de s’arrêter sur le bord de la route, loin des ponts, des lignes électriques ou des tunnels.
Attendez la fin des secousses dans le véhicule.

CAMPING

Évacuez immédiatement la tente. Vous risquez d’être emporté ou enseveli par un glissement de terrain. Gardez toujours vos papiers et votre argent à portée de main (notamment des pièces de 10 et 100¥ pour le téléphone).
– Eloignez vous des constructions, arbres et fils électriques. Cherchez un endroit dégagé, comme un parking (d’où l’intérêt de camper sur les parkings…) Méfiez-vous également des distributeurs automatiques et des murs en brique.
– Évitez les bords de mer (risque de tsunami).
– Si vous êtes près d’une plage, rendez-vous sur la position la plus haute possible afin de vous protéger d’un éventuel raz-de-marée.

Méfiez-vous des répliques qui suivent un tremblement de terre. N’écoutez pas la rumeur et reportez-vous aux informations relayées par les médias ou les autorités.  Certaines chaînes de télévision et de radio diffusent en cas de séisme majeur des flashs d’information en anglais et même en français : Inter FM : FM 76.1 MHz ; AFN : AM 810 KHz ; NHK 2 : AM 693 KHz.

Liste de phrases d’urgence en japonais, en texte ou en sonore, à télécharger sur votre smartphone, à imprimer ou, mieux, à apprendre par coeur.

Le « triangle de vie » : gare à l’intox!

Le « Triangle de vie » (triangle of life) est une prétendue « méthode » de survie en cas de tremblement de terre. On la doit à un certain Doug Copp, expert en survie autoproclamé. Selon Copp, les consignes de sécurité habituelles (se protéger sous une table) seraient inefficaces. Mieux vaudrait se coucher *à côté* d’un meuble, dans une zone appellée « triangle de vie ».

La Croix-Rouge américaine réfute cette théorie, jugée dangereuse, mais diffusée largement sur Internet.

En cas de catastrophe majeure, Internet peut vous aider

Depuis le tremblement de terre en Haïti, de nombreux sites développent des solutions pour aider les victimes. Une application iPhone a ainsi permis à un homme prisonnier des décombres de survivre pendant 65 heures avant l’arrivée des secours.

Le site d’hébergement pour backpackers Couchsurfing a lancé une solution de logement d’urgence pour les victimes du tremblement de terre japonais de mars 2011.

Envie de vous rendre utile? La plateforme Ushahidi permet de créer des cartes participatives (crowdmapping ou crisis mapping) centrées sur les lieux de la catastrophe. Un système d’alertes par SMS, email ou directement sur le site permet de localiser avec précision les blessés ou les points de ralliement, comme c’est le cas en ce moment au Japon.

Twitter vous permet également de demander de l’aide et de donner des informations sur la situation, grâce à des hashtags comme #earthquake ou #japan. Mais gare aux rumeurs!

Crisis Response, de Google, est un service de ressources en cas de crise. La section « Japon » comporte des numéros d’urgence, les dernières infos, les bulletins d’alerte au tsunami et même des fiches d’aide sur les dangers de la radioactivité. On y trouve un lien vers Person Finder qui permet de chercher des disparus ou d’aider à recenser les victimes.

Aidez les médias

Bien sûr, votre première préoccupation est votre sécurité ainsi que celle de vos proches. Néanmoins, si vous êtes pris dans une catastrophe comparable au séisme de 2011, vous pouvez être sans le savoir d’une aide précieuse aux journalistes occidentaux.

Ces derniers, non préparés et parfois peu connaisseurs du Japon, doivent s’en remettre aux dépêches d’agences, aux médias japonais et à leurs correspondants sur place (débordés et peut-être eux-mêmes affectés par l’évènement).

Vous parlez français, anglais et japonais? Vous êtes peut-être la seule personne dans ce cas sur votre secteur. Vous disposez sûrement d’un téléphone-caméra et d’un accès à Internet. Vous pouvez devenir une source d’information alternative à TF1, CNN ou la NHK. Vous pouvez montrer d’autres angles de la catastrophe. En twittant votre expérience, en publiant régulièrement sur votre blog et en acceptant de témoigner auprès des journalistes, vous participerez à la pluralité de l’information et éviterez d’éventuels débordements ou approximations.

Si vous êtes bilingue et en France, contactez les rédactions locales, notamment TV et radio, et offrez-leur vos services de traducteur. Un job difficile mais qui vous fera découvrir les coulisses de l’actualité tout en vous tenant informé en temps réel.

D’autres conseils? Des réactions? Participez en commentant cet article!

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